Depuis quelques années, la téléconsultation est passée d'un truc un peu marginal à une pratique courante dans beaucoup de cabinets. Moi le premier, j'ai longtemps résisté puis un patient qui habitait à plus d'une heure de transport m'a convaincu d'essayer.

Cet article, c'est le résumé de ce que j'aurais aimé lire avant de me lancer.

Est-ce que ça marche vraiment ?

Oui, mais pas pour tout le monde et pas dans toutes les situations. Pour du suivi de soutien psychologique, de la TCC, ou pour maintenir un lien avec des patients éloignés ou à mobilité réduite, ça fonctionne très bien. Pour une primo-consultation avec quelqu'un en crise, le présentiel reste difficile à remplacer.

Il y a une période d'adaptation, autant pour le praticien que pour le patient. Les premières séances à distance peuvent sembler un peu maladroites. On finit par trouver son rythme.

Ce qui m'a surpris en me lançant, c'est de voir à quel point le profil de mes patients à distance diffère de ceux qui viennent au cabinet. On attire des gens différents. Beaucoup de patients avec de l'anxiété sociale, par exemple, qui n'auraient probablement jamais pris rendez-vous en présentiel. L'écran crée une distance qui les met davantage à l'aise pour commencer. Pareil pour les personnes agoraphobes, pour qui sortir de chez elles représente déjà un obstacle en soi. La téléconsultation ne règle pas tout, mais elle lève une barrière à l'entrée dans le soin.

Choisir son outil de visio

C'est là que beaucoup de psychologues se perdent. Il y a Zoom, Teams, Google Meet, Whereby… Tous marchent à peu près. Mais ils ont tous le même problème en commun : ils demandent à votre patient de créer un compte, d'installer une application, ou au minimum de fournir une adresse email.

Pour un patient qui consulte pour la première fois, déjà anxieux à l'idée de parler de ses difficultés, cette friction peut suffire à faire capoter la séance avant même qu'elle commence.

Pourquoi je recommande Jitsi Meet

Jitsi Meet est une solution open source, gratuite, et surtout : elle ne demande rien à votre patient. Pas de compte, pas d'installation, pas d'email. Un lien, et c'est tout.

Concrètement : vous créez une salle avec une URL fixe du type meet.jit.si/cabinet-dupont-seances, vous envoyez ce lien à votre patient, il clique, et vous êtes en ligne. C'est vraiment aussi simple que ça.

Du point de vue de la confidentialité, c'est aussi un avantage sérieux. Zoom et Google Meet collectent des métadonnées sur les appels, a minima pour améliorer leurs algorithmes. Jitsi, dans sa version hébergée sur meet.jit.si ou auto-hébergée, est bien plus respectueux de la vie privée. Pour des consultations de santé mentale, ça ne me semble pas anodin.

La confidentialité, justement

Sur le plan légal, la téléconsultation en psychologie n'est pas soumise aux mêmes obligations de plateforme certifiée que la télémédecine médicale stricte. Mais le RGPD s'applique toujours, et vous restez responsable du traitement des données de vos patients.

Quelques règles simples que j'applique :

  • Ne jamais enregistrer les séances sans accord écrit du patient
  • Consulter depuis une connexion sécurisée, pas depuis un réseau public
  • Ne pas travailler depuis un espace où vous pouvez être entendu
  • Avoir un consentement écrit qui mentionne le format à distance

Rien de compliqué, mais c'est mieux de l'avoir formalisé avant de se faire poser la question.

S'organiser avec NanoPsy

Le vrai problème avec la téléconsultation, ce n'est pas la technologie. C'est la logistique : générer un lien Jitsi, le copier, l'intégrer dans l'email de confirmation, recommencer pour chaque séance. Sur une semaine chargée, c'est exactement le genre de petite tâche répétitive qui finit par épuiser.

Dans NanoPsy, à chaque fois que vous créez une séance en téléconsultation, un lien Jitsi unique est généré automatiquement. Vous n'avez rien à faire. Le patient reçoit son email de confirmation avec le lien directement intégré, prêt à cliquer le jour J. Pas de copier-coller, pas d'oubli possible.

Le lien Jitsi est unique par séance. Votre patient ne peut pas tomber par hasard sur une autre séance en cours, ce qui renforce la confidentialité sans aucun effort de votre part.

Si vous utilisez Google Calendar, vos séances NanoPsy peuvent s'y synchroniser : le lien Jitsi apparaît directement dans les détails de l'événement. Utile quand on jongle entre plusieurs outils en journée.

Quelques réflexes qui restent nécessaires, outil ou pas :

  1. Prévoyez 5 minutes avant chaque séance pour vérifier micro, caméra et connexion. L'email est parti, mais ça ne veut pas dire que tout fonctionne de votre côté.
  2. Gardez un numéro de téléphone de secours. Si la connexion lâche en pleine séance, un appel classique permet de finir correctement plutôt que de laisser le patient dans le vide.
  3. Soignez votre arrière-plan. Ce que le patient voit derrière vous fait partie du cadre thérapeutique, même à distance.

La téléconsultation ne remplace pas le cabinet. Mais bien mise en place, elle l'étend. Et pour certains patients, c'est ce qui rend le suivi possible.